Il arrive un moment où tu doutes de ta propre valeur. Tu y penses en silence, dans ces espaces intérieurs que personne ne voit. Quelque chose s'érode doucement à l'intérieur : l'idée que tu as ta place, telle que tu es.
Alors tu te compares. Tu tentes de te conformer à ce qui semble mieux fonctionner ailleurs, comme si tu n’étais qu’un brouillon à effacer. Et peu à peu, tu oublies une chose essentielle : tu n’as pas été faite par erreur.
Fearfully and wonderfully made. Créée avec soin. Façonnée avec intention.
Cette phrase ancienne mais tellement actuelle ne parle pas de perfection. Elle ne nie ni les failles, ni les blessures, ni les zones d'ombre que tu peux porter. Elle rappelle simplement une vérité plus profonde, plus stable : ta valeur ne dépend pas de ce que tu produis, ni de ce que tu prouves, ni de ce que l'on valide chez toi.
Elle précède tout cela. Elle est là avant la performance, avant la reconnaissance, avant même que tu aies fait quoi que ce soit pour la mériter. Beaucoup passent leur vie à essayer de devenir quelqu'un d'autre : plus acceptable, plus solide en apparence, plus conforme aux attentes visibles. Mais ce travail constant d'ajustement finit par fatiguer l'âme, par user quelque chose d'irremplaçable. Car se renier coûte toujours plus cher que d'assumer.
Être wonderfully made, ce n'est pas être exempt de combats ou de contradictions. C'est être porteuse d'une singularité qui n'a pas vocation à disparaître, même si elle a été abîmée, même si elle a été mal comprise, même si elle a été longtemps mise de côté par toi-même ou par d'autres. Tu es façonnée pour quelque chose qui ne peut se faire qu'à ta manière, de façon précise.
Et cette précision a un prix. Elle demande du courage. Parfois de marcher à contre-courant. De ne pas suivre le rythme général simplement parce que c’est celui de la majorité. Elle demande surtout de ne plus te trahir pour être acceptée, de ne plus sacrifier ce qui est essentiel en toi pour obtenir l’approbation d’un monde qui change sans cesse d’avis.
Je veux t’encourager. Pas pour te dire que tout ira bien ou que les difficultés vont disparaître. T’encourager, c'est rappeler à ton esprit ce qui reste vrai quand tout le reste semble incertain. Tu peux douter. Tu peux même tomber ou recommencer. Mais tu n'as pas à te dévaluer pour avancer. Tu n'as pas à te diminuer pour que les autres se sentent confortables. Il y a une force dans le fait de rester fidèle à ce que l'on est profondément, même quand cela ne rapporte pas d'applaudissements. Une force qui ne fait pas de bruit, qui ne se voit pas sur les réseaux sociaux, mais qui construit sur le long terme quelque chose de solide et d'authentique.
Ce monde pousse souvent à la performance, à l’exubérance, à la visibilité constante, comme si le silence, la retenue ou la profondeur étaient devenus suspects. La société veut même nous dénaturer. Elle laisse peu de place à la maturation et à la réflexion. Au contraire, les questions que tu te poses peuvent être perçues comme inutiles, dépassées, ou appartenant à un autre temps. Pourtant, ce qui est réellement solide ne se fabrique pas dans la précipitation. Se rappeler que l'on a été façonnée avec intention, c'est retrouver un point d'appui intérieur qui ne dépend d'aucune circonstance extérieure. C'est de la reconnaissance, une manière de cesser de lutter contre soi. Et peut-être que l'encouragement le plus juste aujourd'hui est d'arrêter de te juger si durement. De reconnaître que tu fais déjà beaucoup, même si cela ne ressemble pas à ce que font les autres.
Ce chemin demande du temps. Il demande parfois d'être accompagné pour ne pas le perdre de vue.
Fearfully and wonderfully made. Un rappel ancien, enraciné dans des écrits qui ont traversé les âges. Une vérité à laquelle revenir quand le doute devient trop lourd. Tu es Précieuse. Non pas parce que tu as tout résolu, juste parce que tu es là, avec ta tentative sincère et légitime de vivre.
Naomi T.
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